Posted by on 9 février 2018

25ième étage, les portes de l’ascenseur s’ouvrent et les membres de plusieurs facultés canadiennes de PBSC se retrouvent, entre bénévoles et artisans de l’accès à la justice dans les locaux somptueux de McCarthy Tétrault. C’était le 30 janvier dernier, la salle aux grandes fenêtres surplombant la ville de Montréal était bondée d’idéalistes et de pragmatiques, d’étudiants dévoués et de professionnels du droit. Tous dans la même pièce et face aux mêmes préoccupations.

Dès le premier mois de cette nouvelle année, le ton est donné : l’accès à la justice est une préoccupation majeure. Un enjeu qui ne frappe pas que le Québec, mais aussi l’ensemble du Canada, à chaque couche sociale.

C’est sur les mots d’Aminata Bal, coordonnatrice du CDP à la faculté de droit de l’Université de Montréal que s’ouvrent les échanges entre les deux conférencières principales de cette soirée : Ann Soden et Suzanne Bouclin. Les discussions se déroulent par l’intermédiaire de leur présentateur, l’étudiant Alexandre Csuzdi-Vallée, fier défenseur de l’accès à la justice et représentant du mouvement Étudiant(e)s en droit d’aider.

Après la brève introduction de chacune des conférencières, Suzanne Bouclin, professeure de droit à l’Université d’Ottawa, prend d’abord le micro et explique avec passion et enthousiasme ses nombreuses implications sociales afin de venir en aide aux plus démunis. Particulièrement engagée auprès des personnes en situation d’itinérance, Suzanne Bouclin a présenté aux étudiants ses efforts au sein du Ticket Defence Program, un organisme accompagnant ces personnes lorsqu’elles sont confrontées au droit et plus particulièrement aux amendes qu’elles peuvent recevoir. Seule juriste de cet organisme essentiel à la défense de ceux qui se retrouvent dans la détresse la plus profonde, Suzanne Bouclin a su prouver aux étudiants la pertinence du droit afin d’aider directement la vie de ceux dont la situation est peut-être la plus difficile. À mi-chemin entre le travail social, le désir redoutable d’aider et la pratique concrète du droit, Suzanne Bouclin a dépassé les frontières de la pratique juridique traditionnelle pour offrir un aperçu de ce que les études en droit peuvent apporter aux étudiants les plus optimistes.

Suite à cette première présentation, Ann Soden s’avance vers le micro et témoigne de son expérience, traduisant une expérience professionnelle certes, mais surtout une leçon de vie nécessaire. Avocate dans un grand bureau dès ses débuts professionnels, cette femme rêvant d’un support concret aux plus fragilisés de la société a décidé de mettre sur pied la clinique juridique des aînés, il y a de nombreuses années. Voulant donner la parole et aider les aînés, grand oubliés des préoccupations habituelles de l’accès à la justice, Ann Soden a su, par son acharnement, avoir un impact direct auprès de ces personnes trop souvent incapables de faire valoir leurs droits. L’avocate a su présenter avec sensibilité la réalité que vivent les aînés qu’elle accompagne, délaissés et en situation précaire, ne pouvant subvenir eux-mêmes à leurs besoins juridiques ou victime d’exploitation financière. Travailleuse sociale dans l’âme, Ann Soden nous a livré un discours lumineux sur les défis du quotidien pour défendre les aînés et les préoccupations que peuvent vivre ces personnes, isolées, infantilisés et démunies, seules face au monde.

Une fois ces deux présentations inspirantes terminées, les spectateurs ont eu l’occasion   d’interagir avec les deux conférencières. Ces dernières, généreuses dans leurs réponses, ont affiché un désir réel de guider les étudiants vers une pratique constante de l’engagement social, peu importe leur champ de pratique futur. Le constat est clair : il faut du courage, mais le juriste doit s’acquitter d’une tâche d’aide naturelle envers l’autre et offrir ses connaissances à ceux pour qui l’absence de notions juridiques leur cause un préjudice sérieux au quotidien.

Les présentations sont terminées, l’heure est au débat entre collègues ou aux rencontres avec les professionnels présents. Verre de vin à la main, table garnie de nourriture, le moment est propice aux interrogations informelles sur l’avenir du système judiciaire, le recours à la médiation pour désengorger les tribunaux et aux fléaux de l’autoreprésentation des justiciables incapables de se munir des services d’un avocat.

Merci à McCarthy Tétrault, qui, cette année encore, a su réunir dans la même salle des juristes dévoués à l’engagement social, des étudiants bénévoles et des conférencières d’exceptions. Cet évènement inspire le parcours de ceux qui, plus tard, reprendront le flambeau de la défense des plus fragiles de notre société. Car le droit, qui dit-on mène à tout, peut aussi peut-être mener à un monde meilleur.

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